À Mont-de-Marsan, la section Prepasport du Stade Montois omnisports se lance dans le jardinage

À Mont-de-Marsan, la section Prepasport du Stade Montois omnisports se lance dans le jardinage

Les nouveaux stagiaires du dispositif Prepasport se sont lancés dans la création d’un potager et participeront à la Coupe de France des jardins.

Les 19 nouveaux participants au dispositif Prepasport (1), qui a démarré une nouvelle session le 1er février pour les cinq prochains mois, s’astreindront à une nouvelle activité : le jardinage. Et pas n’importe comment, car pour penser, travailler et faire vivre leur parcelle des jardins familiaux montois – qui longent la BA 118 -, ils seront épaulés par l’équipe des Jardins reconnaissants avec qui un rendez-vous est fixé deux fois par mois.

« Ça tombait bien après le confinement, de pouvoir se retrouver en plein air et de ne pas tous être dans la salle les uns avec les autres. »

Jean-François Gaube, président de la section Prepasport du Stade Montois omnisports qui travaille dans le médico-social, a saisi l’opportunité d’avoir un jardin de 150 mètres carrés mis à disposition par la mairie de Mont-de-Marsan aux jardins familiaux au mois de mai dernier.

« Ça tombait bien après le confinement, de pouvoir se retrouver en plein air et de ne pas tous être dans la salle les uns avec les autres », souligne Jean-François Gaube. Ce projet est aussi transversal pour les différentes promotions de Prepasport, les précédents participants ont fait un grand travail de préparation pour les nouveaux venus du mois de février.

Des profils différents

Pour cette nouvelle promotion, le Stade Montois omnisports a élargi sa capacité, passant à 19 jeunes entre 16 et 30 ans suivis sur cinq mois. « Nous avons un public hétérogène », souligne Yohan Castets, éducateur spécialisé en charge de suivre le groupe avec sa collègue Marine Bernard. Parmi ces participants, il y a cinq Afghans et un Brésilien, dont certains apprennent le français, ce qui change leur manière de faire.

« Le jardin, c’est un langage universel, poursuit Yohan Castets. Cela fédère et on n’est pas obligés de passer par la parole. » Chacun tire des bénéfices de ce moment d’apaisement qui les ressource. Christophe, ancien stagiaire devenu « pair aidant », adore le jardin. Il y met en pratique ce qu’il apprend lorsqu’il travaille à la ferme de Burté à Saint-Pierre-du-Mont. Il confie qu’au début, « tout le monde s’en foutait », mais la graine semble prendre racine.

Un travail d’équipe

« Pour le moment, ça n’a pas réellement commencé, reprend Tim. On se répartit les tâches par groupe. » Et les animateurs des Jardins reconnaissants viendront voir l’avancement des chantiers en cours et aiguiller le travail. Certains sont en charge de l’hôtel à insectes, d’autres de la mise en place du comptoir à déchets, par exemple.

Pour Walid, cette expérience est une occasion de plus d’apprendre pour « peut-être planter des légumes chez [lui] après », estime le jeune homme. Ce qui les porte également, c’est la participation à la Coupe de France des jardins, organisée par l’association Landestini (2), fondée par la journaliste Fanny Agostini et son époux Henri Landes.

Ce projet, qui est nouveau pour une promotion de Prepasport, s’ajoute à tout un suivi éducatif et sportif qui leur colle à la peau durant cinq mois. Pour ces jeunes qui sont hors des sentiers classiques, ayant quitté l’école très tôt pour certains ou ayant eu des parcours de vie chaotiques pour d’autres, les premiers pas consistent déjà à respecter des horaires, être assidus, suivre les formations proposées et trouver des stages.

Projets personnalisés

Le but est qu’ils arrivent à passer le permis de conduire, ressortent de la session avec le Bafa, autant de cordes en plus à leur arc pour poursuivre un chemin plus serein. Grâce à un partenariat avec l’Agence landaise pour l’informatique (Alpi), ils bénéficient également de la mise à disposition d’un ordinateur chacun et de cours d’informatique avec l’association Club micro de Saint-Pierre-du-Mont, car aujourd’hui être à l’aise avec l’informatique est plus que nécessaire, surtout en cas de cours à distance ou de télétravail.

« Pour eux, c’est surtout être autonomes au quotidien. Avec la dématérialisation des services, ils doivent pouvoir faire leurs démarches tout seuls, que ce soit pour la préfecture, la CAF ou renouveler une carte grise », estime Marine Bernard.

Cette neuvième promotion de Prepasport ne ressemble à aucune autre, ce qui fait la spécificité du dispositif du Stade Montois omnisports, avec des parcours sur mesure pour chacun. « Depuis cinq ans, je crois qu’on a eu 100 gamins, on a fait 100 projets différents », sourit Jean-François Gaube, heureux du travail accompli.

(1) Parcours de remobilisation éducatif personnalisé autour du sport. (2) landestini.org

Par Claire Burckel – c.burckel@sudouest.fr 

Photo, articles SUDOUEST

Laisser un commentaire